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Des traces fossiles de majorettes (cannes et ossements) ont été découvertes à Courson-les-Carrières, ce qui attesterait de la présence d'une forme d'inintelligence au Groland depuis le Crétacé inférieur.

En 499, les premiers fouleurs foulent le sol grolandais. Et celà représente déjà une grande avancée.

L'évènement majeur, qui conduira à la pensée grolandaise est sans aucun doute la Bataille de Grugny en 613, opposant les deux frères Gontran et Clotaire le Glaireux à la Z.A.C. de Grugny. L'issue de l'affrontement ayant été oublié de tous, on ne sait comment, seule la date historique persiste à ce jour.

Le mariage de Christophe 1er et de Helmuth IV en 1299 scelle la fondation de la dynastie des Salengro.

D'abord duché, la petite province, dépourvue de nom, peuplée de barbares hirsutes et païens s'affranchit en 1695 de la domination " austro-boche " selon la formule de l'époque, et se rapproche culturellement de son voisin français.

Le nom Groland apparaît officiellement en 1707, après une fête traditionnelle, " la Beuverie ", au cours de laquelle, selon la légende, le Duc Platisphile Ier de Salengro hurla sur son trône à minuit " Euj fais qu'est ce que je voul, car céans c'est Salengroland ! ". L'assistance n'ayant que mal entendu la phrase bafouillée par le Duc ivre mort, en déduit qu'il avait nommé son duché sans nom " Groland ", et elle chanta aussitôt à l'unisson " Vive Groland ! ".

Envahie par la France sans coup férir, la province acquiert son indépendance en 1858, après le refus de Napoléon III de subventionner plus longtemps un pays inculte et sans valeur stratégique.

Grâce à l'influence de Jean-Edouard Trouabal, conseiller de Patimbert II de Salengro, le Groland met en place son régime unique de Présipauté, sa constitution ainsi que son système de suffrage unipersonnel, en l'espace d'une mémorable nuit de beuverie, du 13 au 14 juillet 1889 dans le château grovillois du Duc.

C'est ainsi que la fête nationale grolandaise a lieu, par une remarquable coïncidence, le même jour que la France, à savoir le 14 Juillet . Ce sera un facteur non négligeable de rapprochement entre les deux pays.

La présipauté de Groland se fédère autour de valeurs communes, symbolisées par sa devise, la suppression des églises et de l'État ainsi que par trois grands principes : " Joie, hospitalité, lâcheté ".

Durant la 1re Guerre Mondiale, le pays, neutre par statut, est un lieu de repos apprécié des soldats permissionnaires de toutes origines, pour ses ressources illimitées en bière à 12° et en prostituées peu farouches. À la mort de Nathanaël IV, président de 1909 à 1942, la petite autocratie change de doctrine.

Sous l'égide de Gunthar I, sympathisant hitlérien, le pays devient " serpillière ", d'après le mot du Général De Gaulle. Le pays ouvre alors ses bras à l'envahisseur nazi, qui y trouve plusieurs avantages déjà cités plus haut. Les Juifs et Tziganes cachés dans les campagnes subissent un sort funeste, dénoncés ou jetés dans des fosses à purin dès la mise en place en avril 1943 des décrets racistes de l'évanescent " Ministère des Problèmes eud'Rastaquouères ".

La gare de Mufflins est un passage obligé pour de nombreux trains allemands, aux marchandises aussi diverses que variées. À l'arrivée des Alliés en 1945, les oriflammes nazis et les décrets inhumains sont brûlés ; les œuvres d'art et l'or de la SS cachés là par les vaincus disséminés dans les campagnes. Ce qui explique pourquoi tous les paysans grolandais ont des tableaux de maître dans leurs salons et une dent en or pour chaque carie.

Les Américains sont accueillis à bras ouverts, et, le 10 février 1944, Gunthar I finit éventré, écartelé, désossé et brûlé. Lui succède Mami Quéquette comme la surnomment affectueusement les citoyens, qui procède à la " Dératisation ". C'est ainsi qu'en deux jours, 3000 personnes sont massacrées.

Les effusions sont stoppées et on fait la paix aussitôt, afin d'éviter le dépeuplement inexorable d'un pays traître à lui-même.

Néanmoins, la monnaie locale reste le Reichsmark jusqu'en 1958, d'abord pour " pô embêter les habitants avec un changement de sous ", dixit Mami Quéquette, ensuite parce qu'aucun pays étranger ne désire engager des capitaux dans l'économie du pays, qui, étrangement, est à la fois vacillante et prospère.

Suite au décès de Mami Quéquette en 1993, Christophe Salengro ôte sa particule et devient Notre Président. Il rénove la fonction, impulse le renouveau du Groland, notamment dans les secteurs technologiques et culturels.

On change la musique de l'hymne national pour la rajeunir, la télé par satellite fait son apparition, avec comme chaîne phare CANAL International, clone local de CNN.

Le Président accroît également l'influence de la diplomatie grolandaise, mais ses succès économiques restent mitigés. Il doit faire face à la mondialisation, au chômage (25% de la " population qu'est pas d'vant la télé toutemps "), à l'inflation galopante (200% par an), et à la fuite des bras (les cerveaux sont peu nombreux dans le pays).